« Fleur estompée de sa chair délicieuse,
Pleur son malheur et chante sa lente douleur.
Cris et crache sur la mort délicieuse. »
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Un hiver. La pluie tombe à grosses gouttes, le vent accompagne les quelques éclaires dans le ciel.
Je suis plantée là, du haut de mes 14 ans, devant la Cathédrale Notre-Dame de Reims. Mes larmes se mêlent à la pluie, avant même qu'elles n'atteignent le creux de mes cernes. J'ai les yeux rouges de colère, de fatigue. J'ai envie de m'effondrer. Là. Comme ça. Et ne plus rien faire, ne plus rien ressentir. J'ai envie de disparaître, qu'on me laisse la paix.
Il n'y avait personne. Non personne n'était assez con pour sortir avec ce temps. Sur le parvis de la Cathédrale, à mes pieds, du sang. Le mien. Sur mon poignet gauche, juste au creux, là, une longue entaille. Le sang coule sur ma main, comme de l'eau. Je ne sais pas quand le bandage s'est envolé. Je ne sais pas quand je me suis perdue dans ce monde. Oui perdue, oubliée et toujours pas morte dans ce monde injuste. Mais après tout, ça serait trop juste de me laisser mourir, sans d'abord me faire souffrir.
Et j'étais devant cette immense Cathédrale. Seule. A pleurer. Un hiver. La pluie tombe. Il fait froid. Et il y a de l'orage.
Rien ne me fait réagir, rien ne me fait moins penser à Daniel.
Daniel. Daniel. Daniel. Daniel. Daniel...se douter de rien. A surtout ne pas se douter que je souffre. Que je souffre, oui, stupidement, mais énormément. J'ai envie de mourir. J'ai envie de partir. De ne plus penser à ce con de Daniel.
Parce que je l'aime et que c'est comme ça...
Et cette idiote qui souffre, là, c'est moi. Je ne sais même plus pourquoi je souffre, comment j'ai fais pour me retrouver, les quatorze ans au cul, à souffrir de cette façon ? Mais mon téléphone sonne. Mon téléphone me réveille. Je décroche.
- Allô ? Nine ! Bon Dieu ! Tu es où ?
C'était Amaury, mon meilleur ami.
- Euh... je commence à sangloter. Ca... thédra...
Deux minutes plus tard. Il arrive en courant. Il arrive en s'arrêtant. Il me fixe, il me juge. Je déteste ça. Quand il me juge comme ça. Un éclair fend le ciel.
Il vient vers moi en enlevant son manteau pour me le donner et me rattrape lorsque je commence à m'effondrer. Il prend son mouchoir dans sa poche et me l'entour sur le poignet. Il serre fort, très fort. J'ai foutu son beau mouchoir, le beau mouchoir que je lui avais offert. Il est souillé de mon sang maintenant... Je pleurs dans ses bras. Il me murmure des mots à l'oreille, mais je ne les entends pas.
Un orage éclate. Je pousse un cri. J'en ai peur maintenant. J'ai peur de mourir. J'ai froid. J'ai faim. J'ai mal. Oui tellement mal. Partout et nulle part. C'est invisible, abstrait.
- Je t'aime. Nine, tu m'écoutes ? Ne fait plus jamais ce genre de chose. Il y a des gens qui t'aime, ici.
Je le regarde dans ses yeux noir profond. Ce n'est pas la première fois. Non. Je suis tellement désolée. J'ai peur qu'il m'en veuille. Ce sont mes raisons de vivre, mes amis.
Je t'aime aussi Amaury.Je n'avais pas besoin de le dire, il le savait déjà. Sans lui, je ne suis rien. Sans lui, je ne serai rien. Mais, il savait aussi que me dire d'arrêter de me faire souffrir ne servait à rien, j'avais besoin que quelqu'un d'autre me le dise.
Daniel... Amaury... Daniel... Amaury...- Je n'ai pas réfléchis, murmure ce qu'il me reste de raison.
*
Daniel, je ne le connais pas. Nan, c'est un inconnu. Je suis une conne, oui, tout le monde l'est, à des degrés et des genres différents. Ce Daniel, je l'ai rencontré sur internet, drôle de façon, non ? Oui, drôle de façon de tombée amoureuse. Vraiment une idiote façon de tomber amoureuse...
Les larmes coulent, s'effacent. S'oublient. Mais le reste ne part pas. Il faut du temps, il faut du courage. Et moi je ne sais plus rien.
Qui suis-je ?Je ferme fort les yeux.
Qui suis-je ?Rien. Rien du tout.
Non. J'étais quelque chose. Quelqu'un. Nine Léonie, adolescente. Intelligente, oui. Mure, oui. Mais quoi d'autre ? Aimante ? Gentille ? Innocente. Oui, innocente. J'ai oublié, j'ai tout oublié. Je ne sais plus. Je ne sais plus rien à ma vie. Ai-je déjà su quelque chose ?
C'est un rêve ? Je suis un petit oiseau, oui. Libre comme l'air, mais qui souhaite tellement plus. Je me suis posée sur la branche d'un petit arbrisseau et je me suis endormie. Je souhaitai devenir aussi belle et gracieuse que tous ces hommes. Mais c'est un cauchemar. Oui, je ne me suis jamais réveillée.
J'ai voulu plus que la Liberté. Je lui dis Adieu avec égoïsme. J'ai cassé mes ailes d'ange et mes pleurs servent d'espoir aux enfers.
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Texte de : Lina, 14 ans :D
Son espace : LaCrima
Mon avis : Je lui avais promis de publier son texte très vite, mais finalement, j'ai mis des mois avant de le publier sur mon skyrock. Je m'en excuse, mais je me devais de le publier. Ton texte aux yeux de certains doit avoir l'air d'un banal texte tournant toujours autour du thème des amours de jeunes filles tombées amoureuse de mec via le net. Pourtant, une histoire banale peut être transformée par la plume de quelqu'un qui sait la délivrer d'une manière sublime et simple, en une belle histoire bien ficelée. C'est ce que tu as fait, Lina. De l'émotion brodée avec un talent particulier, entre les mots. Fort et captivant... une impression persistante...
J'ai beaucoup apprécié ton texte et je te remercie de me l'avoir confié.