M o r t a l i t é i n s e n s é e , h a n t é e p a r m o n e s p r i t , t r a h i s o n a s s u r é e .

M o r t a l i t é   i n s e n s é e ,   h a n t é e   p a r   m o n   e s p r i t ,   t r a h i s o n   a s s u r é e .
My Favourite Game by The Cardigans
Lilac Wine by Jeff Buckley








Une illusion perdue. Un espoir égaré. Une envie condamnée.

J'ouvre mes yeux explosés sous le regard d'hommes vêtus de blanc, masqués. J'aperçois seulement quelques images floues, je ne vois que de regards de pitié pointés sur moi. Des sourires malfaisants et des paroles hypocrites. Je suis cloîtrée dans une salle sinistre, seule entourée de ces hommes effrayants. Des férailles autour de moi, couleur grisâtre, ils s'emparent de chacune d'entre elles. Je les vois, ces monstruosités s'approchent de moi. Je vois du sang s'écouler sur mon ventre aigri, mes poumons ont du mal à s'enrichir. Je sens les pulsations de mon c½ur au ralenti. L'allégresse de ces êtres me perturbe. Ils prennent plaisir à me cisailler sans se soucier que je suis en train d'endurer une souffrance inconsidérable. Je suffoque silencieusement. J'ai peur de dire ne serais-ce qu'un seul mot. Ces hommes m'effraient, ils me sont inconnus. Je ne dis rien, de peur qu'ils me tuent. Je n'ai plus de ventre. J'ai l'impression d'être à la morgue, et que seule mon âme résiste face à ces massacres. Cette chambre sombre commence à ternir vers le teint rougeâtre de mon sang. Je suis déchiquetée. Des boyaux sont jetés dans une poubelle, comme si ce n'était que de simples papiers d'essai. Mes intestins sont broyés. Ces hommes testent de nombreux produits chimiques sur moi, et mes réactions sont guère positives. Et ces maux de tête ne font qu'empirer mon état d'oppression. Je suis asphyxiée, l'air me paraît compressé, je suis la seule à ne plus respirer. Mon esprit divague, le sang me monte à la tête. J'ai la sensation de ne plus appartenir à ce monde difficile à s'approprier. J'essaie d'ouvrir mes yeux mais tous mes vaisseaux ont explosé. Impossibilité de jeter un dernier regard ne serais-ce que frivole envers ces quelques êtres manipulateurs. L'adrénaline commence à s'élever. J'entends le son de ces machines accélérer à la même vitesse que mon pouls. Mes pulsations s'élèvent à deux cents par minute. Je perds le contrôle de mon corps. Je ne veux pas abandonner, je me bats pour retrouver cette vie que j'ai mis une éternité à atteindre. L'enfer a jeté son dévolu sur moi. Plus de forces à fournir, mon corps n'accepte plus aucune aide de mon âme. Corps et âmes se sont désormais dissociés. Les hommes arrêtent de me charcuter, je peux à peine les regarder. Impossible de rester l'½il ouvert, ma vue régresse.

« Heure du décès, 00h00 pile ». Dernière parole entendue.

Je suis désormais maître des cieux. Et je les observe s'emparer d'un autre corps à charcuter. Ma mort n'a touché personne sur le moment attendu. Ils m'ont opéré à vif. Leur dose de morphine bien insuffisante m'a tuée. Erreur médicale, à qui faut-il en vouloir? Les dénommés sauveurs de l'humanité commettent des erreurs impardonnables sans avouer leur actes. Les quelques paroles adressées à mes parents furent « Nous sommes sincèrement désolés, votre fille a commis une crise cardiaque. Il fut impossible de la récupérer ». Et voilà comment quelques mensonges se transforment en vérité générale bien cachée par ces regards peinés mais trompeurs. Franchir ce mur entre l'enfer et la vie, je force mais il demeure incassable.

La mort m'a rattrapé, il me fut impossible de la courser.


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Texte de : Estelle, 17 ans
Son espace : With Passion

Mon avis : Décidément, les textes d'auteurs me manquaient cruellement. Estelle, j'ai lu ton texte avec toute l'attention qu'il me fut possible de manifester. Lire un texte si marquant sur la chanson de Lilac Wine de Jeff Buckley, je dois avouer que j'en suis toute bouleversée. Cela m'a inspiré un sentiment de tristesse, non pas que ton texte était déprimant, mais c'était là une tristesse qui m'a emporté dans de lointains souvenirs, dans des contrées sombres que je n'ose même pas imaginer traverser toute seule. Et de quelle manière, décris-tu la souffrance de cette fille allongée sur la table. Une souffrance que tu as su peindre avec des mots crus, certes, mais appropriés. Et pour cela, je te félicite. Si c'est ton favori, je n'en doute pas. Il est tellement beau et captivant, transperçant et magnifique, étrange mais quasiment réelle !

# Posté le samedi 20 juin 2009 16:17

N e v e r t h i n k a b o u t i t

N e v e r   t h i n k    a b o u t   i t
De la poésie pour nourrir mon c½ur qui se meurt chaque jour,
de ne point trouver d'amour en ce bas monde
dans le visage de celui qu'elle aimerait tant chérir
...


K&T
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# Posté le samedi 13 juin 2009 05:38
Modifié le samedi 20 juin 2009 16:35

A r a i g n é e s d a n s m a t ê t e .

A r a i g n é e s  d a n s   m a   t ê t e .
Echoes by Pink Floyd

Là. C'est fini. Tout est fini, tu sais... L'art, l'amour, la joie, la tristesse, toi, moi. Plus rien ne tient, tout tombe et tout s'écrase. Oh, putain, la sens-tu, la douleur, celle qui te touche le coeur et qui t'arrache jusqu'à la vie ? Celle que je ressens quand tu t'en vas sans dire un mot, les matins d'hiver, sombres et froids, tu sais, ceux que tu adores tant, ceux qui me font si mal... Et lorsque la solitude m'emmène alors, me tenant par la main, au coin d'une rue encore fraiche, lorsque seul je m'asseois sur la pierre glacée, lorsque ma cigarette se consume lentement et que, lisant Rimbaud, le roi lézard me susurre que c'est la fin, lorsque les premiers rayons de l'aube, descendants du ciel bleu, pâle comme tes yeux dénués de sentiments, caressent ma tête vide, alors une larme pleine de souvenirs coule sur ma joue et, en silence, vient mourir sur le sol, lassée de tant de chagrin.

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Texte de : Ben, 16 ans
Son espace : Circus-in-town & Junky Breizh Lover

Mon avis : Cela fait longtemps que je n'avais pas publié de textes, tant je suis débordée, mais je dois dire que je suis agréablement par ce court mais néanmoins poignant texte de Benjamin. Le chagrin, la souffrance, en quelques lignes, que tu les décrit de manière simple avec une humilité déconcertante et qui emplie mon coeur d'une certaine nostalgie. Surtout cette mention de Rimbaud qui m'a noué le coeur, car Rimbaud je le lis a chaque fois que je suis triste. Mon cher Ben, je te remercie pour ce merveilleux chef d'oeuvre ( je trouve que ton texte mérite amplement ce terme ) et je te souhaite de continuer de plus belle !

# Posté le mardi 21 avril 2009 15:34
Modifié le mardi 21 avril 2009 15:50

J e n e t ' a p e r ç o i s p r e s q u e p l u s .

J e   n e   t ' a p e r ç o i s   p r e s q u e   p l u s .

Sur ma fenêtre, des gouttes semblables à tes sanglots glissent puis s'arrêtent progressivement.
Des bribes d'instants fragiles défilent sans même m'interpeller.
Ils sont beaux, riches, mais muets.
Le vent souffle au dehors,
Mais je ne sais si c'est lui cette force qui balaie ces images de ma tête.
Mes pensées vagabondent vers un ciel dégrisé où malgré tout, perdure un pâle soleil
Je m'imagine une tout autre fin, contraire à celle-ci, à mille lieues de cette absence.
Mais au delà de mon déchirement intérieur, il y a ton sourire,
Paisible, impassible. Un peu effacé par le passage du temps, un peu oublié, mais pourtant encore présent.
Je me rend compte que ta présence n'était qu'éphémere, que la vie donne et reprend.
Je regarde la pluie tombée, d'infimes gouttes qui chutent puis dansent sur le sol.
Les notes de notre chanson se heurtent au silence, puis rebondissent dans ma tête.
La buée devient opaque sur ma fenêtre,
Un grondement d'orage explose dans le ciel
Et sur cette dernière image,
Je ne t'aperçois presque plus.

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Texte de : Camille , 15 ans bientôt
Son espace : keepXwords & Another flight

Mon avis : A la première lecture, j'ai pensé ne pas publier le texte mais en le relisant une deuxième fois je me suis aperçu qu'il y avait plus encore de choses à décortiquer et que ma première impression m'avait trompé. Le texte parait simple mais il explique en même un sentiment auquel nous avons parfois à faire face. Tourner la page, du moins c'est come ça que j'interprète ce texte.J'ai vécu cela et je comprend mieux le sens des mots que tu as employé ici Camille. Ca fait tout bizarre de voir ses sentiments sur une chose précise être mis la blanc sur noir... je te remercie beaucoup et je dis que ton texte est un petit bijou que j'adore. Merci beaucoup pour les modifications ! J'espère que tu aimes la photo que j'ai mis.

# Posté le vendredi 13 mars 2009 17:32
Modifié le dimanche 15 mars 2009 14:03