Une fenêtre ouverte sur ces gouttes de bonheur...

Une fenêtre ouverte sur ces gouttes de bonheur...


« Son regard reste absorbé par ces gouttes d'eau éclatant contre le bitume du petit parking. À sa fenêtre l'air lui parait si pur, alors qu'il est tout le contraire. Décidément, la pluie lui fait voir la vie en rose...
Elle observe tous ces passants se dépêchant de se retrouver dans leurs petits appartements chaleureux. Du haut de cette grande bâtisse, elle se sent tellement invulnérable.
Et le temps d'un battement de paupière, une lumière surgit de ce ciel grisâtre avec beaucoup d'intensité puis un bruit pareil à la détonation d'une bombe brisa la symphonie des gouttes d'eau ; l'orage gronde.
Une certaine satisfaction fit sourire la jeune fille. Son regard se perdit dans l'horizon, cerné par de gigantesques barres d'immeubles. Oubliant tous ses soucis de la vie quotidienne, oubliant cette réalité cruelle, elle plonge dans un monde illusoire.
Le bruit des gouttes se fait de moins en moins entendre, jusqu'à en devenir imperceptible. Les grondements de l'orage cessent, ainsi que ses éclats de lumière. Les nuages décident de s'en aller, ses immenses sages gris laissent apparaître cet infini ciel bleu, et le soleil montre sa lumineuse splendeur à la ville.
Le sourire de la jeune fille laisse place à un visage, neutre, sans émotion. Oh, qu'elle aurait aimé sortir, afin de flâner sous cette averse, elle serait revenue trempée, serait tombée malade, elle le sait bien, mais elle adore cette sensation, ces gouttes qui glissent le long de sa peau... Oh qu'elle aurait aimé cela...
Seul le vent n'a pas voulu s'éloigner, et reste en compagnie de cette jeune fille qui écrit, accoudée à la fenêtre de sa chambre. Ses cheveux sont battus par le vent. Une larme de joie apparait sur sa joue, car — tout en fermant sa fenêtre — elle se dit que pour une fois, depuis longtemps, elle aurait été heureuse. »


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Texte de : Julie, 12 ans ^^
Son espace : Juste pour Vivre & Galerie de Mots


# Posté le samedi 08 août 2009 06:14

D r o i t d e S u i c i d e

D r o i t   d e   S u i c i d e
« Fleur estompée de sa chair délicieuse,
Pleur son malheur et chante sa lente douleur.
Cris et crache sur la mort délicieuse. »

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Un hiver. La pluie tombe à grosses gouttes, le vent accompagne les quelques éclaires dans le ciel.
Je suis plantée là, du haut de mes 14 ans, devant la Cathédrale Notre-Dame de Reims. Mes larmes se mêlent à la pluie, avant même qu'elles n'atteignent le creux de mes cernes. J'ai les yeux rouges de colère, de fatigue. J'ai envie de m'effondrer. Là. Comme ça. Et ne plus rien faire, ne plus rien ressentir. J'ai envie de disparaître, qu'on me laisse la paix.
Il n'y avait personne. Non personne n'était assez con pour sortir avec ce temps. Sur le parvis de la Cathédrale, à mes pieds, du sang. Le mien. Sur mon poignet gauche, juste au creux, là, une longue entaille. Le sang coule sur ma main, comme de l'eau. Je ne sais pas quand le bandage s'est envolé. Je ne sais pas quand je me suis perdue dans ce monde. Oui perdue, oubliée et toujours pas morte dans ce monde injuste. Mais après tout, ça serait trop juste de me laisser mourir, sans d'abord me faire souffrir.
Et j'étais devant cette immense Cathédrale. Seule. A pleurer. Un hiver. La pluie tombe. Il fait froid. Et il y a de l'orage.
Rien ne me fait réagir, rien ne me fait moins penser à Daniel.
Daniel. Daniel. Daniel. Daniel. Daniel...
se douter de rien. A surtout ne pas se douter que je souffre. Que je souffre, oui, stupidement, mais énormément. J'ai envie de mourir. J'ai envie de partir. De ne plus penser à ce con de Daniel.
Parce que je l'aime et que c'est comme ça...
Et cette idiote qui souffre, là, c'est moi. Je ne sais même plus pourquoi je souffre, comment j'ai fais pour me retrouver, les quatorze ans au cul, à souffrir de cette façon ? Mais mon téléphone sonne. Mon téléphone me réveille. Je décroche.
- Allô ? Nine ! Bon Dieu ! Tu es où ?
C'était Amaury, mon meilleur ami.
- Euh... je commence à sangloter. Ca... thédra...
Deux minutes plus tard. Il arrive en courant. Il arrive en s'arrêtant. Il me fixe, il me juge. Je déteste ça. Quand il me juge comme ça. Un éclair fend le ciel.

Il vient vers moi en enlevant son manteau pour me le donner et me rattrape lorsque je commence à m'effondrer. Il prend son mouchoir dans sa poche et me l'entour sur le poignet. Il serre fort, très fort. J'ai foutu son beau mouchoir, le beau mouchoir que je lui avais offert. Il est souillé de mon sang maintenant... Je pleurs dans ses bras. Il me murmure des mots à l'oreille, mais je ne les entends pas.

Un orage éclate. Je pousse un cri. J'en ai peur maintenant. J'ai peur de mourir. J'ai froid. J'ai faim. J'ai mal. Oui tellement mal. Partout et nulle part. C'est invisible, abstrait.
- Je t'aime. Nine, tu m'écoutes ? Ne fait plus jamais ce genre de chose. Il y a des gens qui t'aime, ici.
Je le regarde dans ses yeux noir profond. Ce n'est pas la première fois. Non. Je suis tellement désolée. J'ai peur qu'il m'en veuille. Ce sont mes raisons de vivre, mes amis.
Je t'aime aussi Amaury.
Je n'avais pas besoin de le dire, il le savait déjà. Sans lui, je ne suis rien. Sans lui, je ne serai rien. Mais, il savait aussi que me dire d'arrêter de me faire souffrir ne servait à rien, j'avais besoin que quelqu'un d'autre me le dise.
Daniel... Amaury... Daniel... Amaury...
- Je n'ai pas réfléchis, murmure ce qu'il me reste de raison.

*

Daniel, je ne le connais pas. Nan, c'est un inconnu. Je suis une conne, oui, tout le monde l'est, à des degrés et des genres différents. Ce Daniel, je l'ai rencontré sur internet, drôle de façon, non ? Oui, drôle de façon de tombée amoureuse. Vraiment une idiote façon de tomber amoureuse...

Les larmes coulent, s'effacent. S'oublient. Mais le reste ne part pas. Il faut du temps, il faut du courage. Et moi je ne sais plus rien.
Qui suis-je ?
Je ferme fort les yeux.
Qui suis-je ?
Rien. Rien du tout.
Non. J'étais quelque chose. Quelqu'un. Nine Léonie, adolescente. Intelligente, oui. Mure, oui. Mais quoi d'autre ? Aimante ? Gentille ? Innocente. Oui, innocente. J'ai oublié, j'ai tout oublié. Je ne sais plus. Je ne sais plus rien à ma vie. Ai-je déjà su quelque chose ?
C'est un rêve ? Je suis un petit oiseau, oui. Libre comme l'air, mais qui souhaite tellement plus. Je me suis posée sur la branche d'un petit arbrisseau et je me suis endormie. Je souhaitai devenir aussi belle et gracieuse que tous ces hommes. Mais c'est un cauchemar. Oui, je ne me suis jamais réveillée.

J'ai voulu plus que la Liberté. Je lui dis Adieu avec égoïsme. J'ai cassé mes ailes d'ange et mes pleurs servent d'espoir aux enfers.


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Texte de : Lina, 14 ans :D
Son espace : LaCrima

Mon avis
: Je lui avais promis de publier son texte très vite, mais finalement, j'ai mis des mois avant de le publier sur mon skyrock. Je m'en excuse, mais je me devais de le publier. Ton texte aux yeux de certains doit avoir l'air d'un banal texte tournant toujours autour du thème des amours de jeunes filles tombées amoureuse de mec via le net. Pourtant, une histoire banale peut être transformée par la plume de quelqu'un qui sait la délivrer d'une manière sublime et simple, en une belle histoire bien ficelée. C'est ce que tu as fait, Lina. De l'émotion brodée avec un talent particulier, entre les mots. Fort et captivant... une impression persistante...
J'ai beaucoup apprécié ton texte et je te remercie de me l'avoir confié.

# Posté le samedi 08 août 2009 03:51

Modifié le samedi 08 août 2009 06:23

M o r t a l i t é i n s e n s é e , h a n t é e p a r m o n e s p r i t , t r a h i s o n a s s u r é e .

M o r t a l i t é   i n s e n s é e ,   h a n t é e   p a r   m o n   e s p r i t ,   t r a h i s o n   a s s u r é e .
My Favourite Game by The Cardigans
Lilac Wine by Jeff Buckley








Une illusion perdue. Un espoir égaré. Une envie condamnée.

J'ouvre mes yeux explosés sous le regard d'hommes vêtus de blanc, masqués. J'aperçois seulement quelques images floues, je ne vois que de regards de pitié pointés sur moi. Des sourires malfaisants et des paroles hypocrites. Je suis cloîtrée dans une salle sinistre, seule entourée de ces hommes effrayants. Des férailles autour de moi, couleur grisâtre, ils s'emparent de chacune d'entre elles. Je les vois, ces monstruosités s'approchent de moi. Je vois du sang s'écouler sur mon ventre aigri, mes poumons ont du mal à s'enrichir. Je sens les pulsations de mon c½ur au ralenti. L'allégresse de ces êtres me perturbe. Ils prennent plaisir à me cisailler sans se soucier que je suis en train d'endurer une souffrance inconsidérable. Je suffoque silencieusement. J'ai peur de dire ne serais-ce qu'un seul mot. Ces hommes m'effraient, ils me sont inconnus. Je ne dis rien, de peur qu'ils me tuent. Je n'ai plus de ventre. J'ai l'impression d'être à la morgue, et que seule mon âme résiste face à ces massacres. Cette chambre sombre commence à ternir vers le teint rougeâtre de mon sang. Je suis déchiquetée. Des boyaux sont jetés dans une poubelle, comme si ce n'était que de simples papiers d'essai. Mes intestins sont broyés. Ces hommes testent de nombreux produits chimiques sur moi, et mes réactions sont guère positives. Et ces maux de tête ne font qu'empirer mon état d'oppression. Je suis asphyxiée, l'air me paraît compressé, je suis la seule à ne plus respirer. Mon esprit divague, le sang me monte à la tête. J'ai la sensation de ne plus appartenir à ce monde difficile à s'approprier. J'essaie d'ouvrir mes yeux mais tous mes vaisseaux ont explosé. Impossibilité de jeter un dernier regard ne serais-ce que frivole envers ces quelques êtres manipulateurs. L'adrénaline commence à s'élever. J'entends le son de ces machines accélérer à la même vitesse que mon pouls. Mes pulsations s'élèvent à deux cents par minute. Je perds le contrôle de mon corps. Je ne veux pas abandonner, je me bats pour retrouver cette vie que j'ai mis une éternité à atteindre. L'enfer a jeté son dévolu sur moi. Plus de forces à fournir, mon corps n'accepte plus aucune aide de mon âme. Corps et âmes se sont désormais dissociés. Les hommes arrêtent de me charcuter, je peux à peine les regarder. Impossible de rester l'½il ouvert, ma vue régresse.

« Heure du décès, 00h00 pile ». Dernière parole entendue.

Je suis désormais maître des cieux. Et je les observe s'emparer d'un autre corps à charcuter. Ma mort n'a touché personne sur le moment attendu. Ils m'ont opéré à vif. Leur dose de morphine bien insuffisante m'a tuée. Erreur médicale, à qui faut-il en vouloir? Les dénommés sauveurs de l'humanité commettent des erreurs impardonnables sans avouer leur actes. Les quelques paroles adressées à mes parents furent « Nous sommes sincèrement désolés, votre fille a commis une crise cardiaque. Il fut impossible de la récupérer ». Et voilà comment quelques mensonges se transforment en vérité générale bien cachée par ces regards peinés mais trompeurs. Franchir ce mur entre l'enfer et la vie, je force mais il demeure incassable.

La mort m'a rattrapé, il me fut impossible de la courser.


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Texte de : Estelle, 17 ans
Son espace : With Passion

Mon avis : Décidément, les textes d'auteurs me manquaient cruellement. Estelle, j'ai lu ton texte avec toute l'attention qu'il me fut possible de manifester. Lire un texte si marquant sur la chanson de Lilac Wine de Jeff Buckley, je dois avouer que j'en suis toute bouleversée. Cela m'a inspiré un sentiment de tristesse, non pas que ton texte était déprimant, mais c'était là une tristesse qui m'a emporté dans de lointains souvenirs, dans des contrées sombres que je n'ose même pas imaginer traverser toute seule. Et de quelle manière, décris-tu la souffrance de cette fille allongée sur la table. Une souffrance que tu as su peindre avec des mots crus, certes, mais appropriés. Et pour cela, je te félicite. Si c'est ton favori, je n'en doute pas. Il est tellement beau et captivant, transperçant et magnifique, étrange mais quasiment réelle !

# Posté le samedi 20 juin 2009 16:17

N e v e r t h i n k a b o u t i t

N e v e r   t h i n k    a b o u t   i t
De la poésie pour nourrir mon c½ur qui se meurt chaque jour,
de ne point trouver d'amour en ce bas monde
dans le visage de celui qu'elle aimerait tant chérir
...


K&T

# Posté le samedi 13 juin 2009 05:38

Modifié le samedi 20 juin 2009 16:35