A r a i g n é e s d a n s m a t ê t e .

A r a i g n é e s  d a n s   m a   t ê t e .
Echoes by Pink Floyd

Là. C'est fini. Tout est fini, tu sais... L'art, l'amour, la joie, la tristesse, toi, moi. Plus rien ne tient, tout tombe et tout s'écrase. Oh, putain, la sens-tu, la douleur, celle qui te touche le coeur et qui t'arrache jusqu'à la vie ? Celle que je ressens quand tu t'en vas sans dire un mot, les matins d'hiver, sombres et froids, tu sais, ceux que tu adores tant, ceux qui me font si mal... Et lorsque la solitude m'emmène alors, me tenant par la main, au coin d'une rue encore fraiche, lorsque seul je m'asseois sur la pierre glacée, lorsque ma cigarette se consume lentement et que, lisant Rimbaud, le roi lézard me susurre que c'est la fin, lorsque les premiers rayons de l'aube, descendants du ciel bleu, pâle comme tes yeux dénués de sentiments, caressent ma tête vide, alors une larme pleine de souvenirs coule sur ma joue et, en silence, vient mourir sur le sol, lassée de tant de chagrin.

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Texte de : Ben, 16 ans
Son espace : Circus-in-town & Junky Breizh Lover

Mon avis : Cela fait longtemps que je n'avais pas publié de textes, tant je suis débordée, mais je dois dire que je suis agréablement par ce court mais néanmoins poignant texte de Benjamin. Le chagrin, la souffrance, en quelques lignes, que tu les décrit de manière simple avec une humilité déconcertante et qui emplie mon coeur d'une certaine nostalgie. Surtout cette mention de Rimbaud qui m'a noué le coeur, car Rimbaud je le lis a chaque fois que je suis triste. Mon cher Ben, je te remercie pour ce merveilleux chef d'oeuvre ( je trouve que ton texte mérite amplement ce terme ) et je te souhaite de continuer de plus belle !

# Posté le mardi 21 avril 2009 15:34

Modifié le mardi 21 avril 2009 15:50

J e n e t ' a p e r ç o i s p r e s q u e p l u s .

J e   n e   t ' a p e r ç o i s   p r e s q u e   p l u s .

Sur ma fenêtre, des gouttes semblables à tes sanglots glissent puis s'arrêtent progressivement.
Des bribes d'instants fragiles défilent sans même m'interpeller.
Ils sont beaux, riches, mais muets.
Le vent souffle au dehors,
Mais je ne sais si c'est lui cette force qui balaie ces images de ma tête.
Mes pensées vagabondent vers un ciel dégrisé où malgré tout, perdure un pâle soleil
Je m'imagine une tout autre fin, contraire à celle-ci, à mille lieues de cette absence.
Mais au delà de mon déchirement intérieur, il y a ton sourire,
Paisible, impassible. Un peu effacé par le passage du temps, un peu oublié, mais pourtant encore présent.
Je me rend compte que ta présence n'était qu'éphémere, que la vie donne et reprend.
Je regarde la pluie tombée, d'infimes gouttes qui chutent puis dansent sur le sol.
Les notes de notre chanson se heurtent au silence, puis rebondissent dans ma tête.
La buée devient opaque sur ma fenêtre,
Un grondement d'orage explose dans le ciel
Et sur cette dernière image,
Je ne t'aperçois presque plus.

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Texte de : Camille , 15 ans bientôt
Son espace : keepXwords & Another flight

Mon avis : A la première lecture, j'ai pensé ne pas publier le texte mais en le relisant une deuxième fois je me suis aperçu qu'il y avait plus encore de choses à décortiquer et que ma première impression m'avait trompé. Le texte parait simple mais il explique en même un sentiment auquel nous avons parfois à faire face. Tourner la page, du moins c'est come ça que j'interprète ce texte.J'ai vécu cela et je comprend mieux le sens des mots que tu as employé ici Camille. Ca fait tout bizarre de voir ses sentiments sur une chose précise être mis la blanc sur noir... je te remercie beaucoup et je dis que ton texte est un petit bijou que j'adore. Merci beaucoup pour les modifications ! J'espère que tu aimes la photo que j'ai mis.

# Posté le vendredi 13 mars 2009 17:32

Modifié le dimanche 15 mars 2009 14:03

U n J o u r à l a G a r e

U n J o u r  à  l a  G a r e


Un jour à la gare

L'autre jour,
J'attendais le bus à la gare.
Il était en retard
Et j'allais l'être aussi.

Il pleuvait des cordes
Et tout le monde s'était refugié sous l'abri.
Un bus arriva.
Ce n'était pas le bon.
Je commençai à perdre patience.
D'autres arrivèrent mais aucun n'était le mien.
L'un s'arrêta devant l'abri.
Toujours pas le bon.

Je secouai la tête,
Exaspérée,
Lorsque je vis descendre d'un des bus
Quelqu'un.

Quelqu'un de d'assez grand.
Au teint clair et le crane rasé.
Il courut sous la pluie
Et vint se mettre à côté de moi.
Je ne le connaissais pas.
Il avait un visage plutôt sympathique
Mais un regard reservé qui semblait cacher une douce espièglerie.
Rien de vraiment méchant.

Il me regardait et son regard me troublait.
Je ne savais que faire
Alors je détournai la tête
Pour éviter de paraître ridicule.
Du coin de l'oeil,
Je vis qu'il m'observait toujours.
Pourquoi n'arrêtait-il pas?
On aurait dit que c'était un jeu pour lui,
Qu'il prenait plaisir à me voir rougir.
Il n'avait pourtant pas l'air méchant.
Il me regardai sans gêne
Sachant que je savais qu'il savait.

Je me sentai mal à l'aise.
Je me décidai.
Je me retournai vers lui
Pour lui dire ce que j'en pensai.
Mais à peine avais-je ouvert la bouche
Qu'il me dit :

"Je suis désolé si je vous ai gêné en vous regardant incessament,
Mais c'est que je vous trouve très belle et il est difficile de ne pas se perdre dans vos yeux !"

J'avais perdu mes moyens.
Il m'avait prit au dépourvu.
Je ne m'attendai pas à une chose pareille.
Il se fichait de moi sans doute.
Il me regardait et je le regardai,
Stupéfaite.

Un beau parleur comme tant d'autres.

Mais différent . . .

Il tourna la tête au bout d'un moment et s'en alla sous la pluie.
Un petit sourire sur les lèvres.

Un bus s'arrêta devant l'abri.
Il monta dans le bus.
J'étais sous le choc.

Quand je réalisa ce qui venait de se passer,
Qu'il était parti,
J'eus juste le temps de voir le bus de quitter la gare
Et de conclure que je venais de manquer mon bus.


Texte de Kate
Une-menagerie-de-mots

# Posté le dimanche 23 novembre 2008 12:02

Modifié le vendredi 06 mars 2009 13:55

P a r t i e X V I I I - L a C h u t e ( e x t r a i t ) d e M a t h i a s J o a n n

P a r t i e  X V I I I  -  L a  C h u t e  ( e x t r a i t )  d e  M a t h i a s  J o a n n
J'suis descendu du bus sous une pluie battante sans un regard pour le chauffeur. Je venais tout juste de traverser le premier cercle et Dante et ses putains infernales m'attendaient pour la suite des évènements. J'aurais pu être Virgile visitant le Paradis, même le Purgatoire j'aurais pas dit non, mais il fallait que ça soit l'Enfer. Evidemment. Putain, j'vous jure. J'faisais même pas gaffe à la pluie qui coulait mollement sur moi, traversant mes habits jusqu'à l'os, imbibant mes cheveux comme de l'essence, transformant mon visage en un Christ pleureur sous un ciel dégueulasse. J'ai entendu le bus reprendre sa route infernale – mon Charon s'en allant certainement cueillir d'autres âmes esseulées – puis j'ai vomi longuement. A vrai dire, j'ai vomi tripes et boyaux à même le trottoir, sous le regard interloqué et pressé des démons légionnaires qui gambadaient sous le temps pourri. Je crois que je ne me suis jamais autant détesté de toute mon existence. J'étais à un croisement de ma vie, à la limite du supportable, perdu quelque part dans les limbes d'une société mécanique aux relents médicamenteux. Mes sens étaient accrus et je sentais sans mal l'odeur métallique des gens alentours, le goût âpre de leur chair torturée par d'invisibles flammes et la chaleur factice de leur dépouille trompeuse. Je voyais – ou croyais voir – des sabbats idiots glorifiant la bêtise et le manque d'originalité. Les phares des voitures me brûlaient la rétine comme s'il avait s'agit d'un concentré de Soleil. J'avais absolument besoin d'aide. Bordel de merde, je n'étais pas le berger, mais la brebis la plus faible d'un troupeau malade. Fin des Révélations.


J'étais au seuil de quelque chose de nouveau. D'une explosion sourde, d'une Apocalypse rédigée d'une main maladroite par mon cerveau malade. J'en étais à la fois auteur et spectateur, sans savoir quel côté de ma personnalité tenait le rôle principal. Prit d'un accès de rage, j'ai jeté de toute mes forces les restes de photographie qui anesthésiaient mes poches. Les cotillons – car il s'agissait bien d'un carnaval – dansèrent sous la pluie quelques instants comme s'il s'agissait de neige industrielle avant de disparaître purement et simplement, sans messe ni tombeau, emportés par un vent indifférent. J'étais dans un mauvais trip, sans même qu'une matière synthétique ne coule dans mon sang. J'étais shooté par ma propre personne, claustrophobe piégé à l'intérieur d'un caveau constitué de nerfs, d'os et de muscles. J'hurlais tellement fort que personne ne pouvait m'entendre. Par chance, j'ai réussi à garder le contrôle. Dieu seul sait ce qui aurait pu arriver si j'avais décidé de me laisser aller à mes instincts les plus sournois et les plus noirs, caractérisés au fusain par un dessin de ma personne que j'essaye depuis si longtemps d'effacer.

Si j'étais votre vampire. Ou quelque merdes du genre. Non, laissez tomber. J'avais le besoin primitif de faire sortir de mon sang ce qui n'y avait pas sa place. Un besoin de survie basique, comme si au lieu de me proposer de croquer dans la Pomme de la Connaissance, le Serpent m'avait mordu pour répandre son venin doré dans mon ADN. Je savais à présent ce qu'Adam avait ressenti une fois jeté du Jardin par le plus grand flic de l'univers. J'avais ouvert une boîte de Pandore quelque part en moi et il m'était impossible de la refermer sans me brûler les yeux. Oui, une Arche d'Alliance noire faite de chair et marquée au fer rouge. Je me dégoûtais au plus haut point. Je me suis traîné tant Bien que Mal vers un banc en métal sombre, inoccupé et bondé à la fois, dans l'espoir de remettre de l'ordre dans mes idées. Je me trouvais dans une ville – peut-être Babylone ? - que je connaissais. Il n'était pas loin de midi – ou minuit ? - car le Soleil était au Zenith. Je pouvais le voir, malgré les nuages, continuant sa course idiote et inutile. J'observais les gens d'un ½il vide, les comptant, les classant, les analysant jusqu'à m'en rendre malade. Six milliards d'Antichrist en puissance évoluant, mangeant, chiant, baisant, pleurant, riant au sein d'une fourmilière sans Reine. A bout de force, je pleurais, mêlant mes sanglots à ceux du ciel. Sans savoir pourquoi, je récitais :

« Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.

Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !»





Trouvez pas ça con ? C'est à partir de là que j'ai commencé à perdre totalement le contrôle.
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Texte de : Mathias Joann, 19ans
Ses espaces : Siligan Nostromo & Medecines-fact0ry

Mon avis
: Percutant et impressionnant ! Voilà bien un univers sombre que je me plais à découvrir. Vraiment, l'auteur nous délivre ici un sensationel aperçu de son univers, particulier et torturé. Je trouve que ce texte regroupe des doutes, des peurs, des défis, des pensées les unes plus noires que les autres et c'est de pouvoir contenir tout cela sous une plume qui rend ce texte encore plus admirable et appréciable. La condition humaine est dépeinte ici d'une manière si forte et intense que c'est à se demander comment on imagine à un si jeune âge des émotions pareilles. Je suis stupéfaite et j'avoue que l'atmosphère de ce texte me captive, me rend admirative car le sentiment qu'il me procure - une horreur recherchée - cela m'aide à y voir plus claire. C'est vraiment du "tout cru". ^ ^ Et je reconnais bien l'influence de tes poètes préférés dans ce texte. Du talent, il n'y a que ça ! Je crois bien que c'est probablement le meilleur texte d'auteurs de ma galerie.



A tous les lecteurs, trouvez-vous son livre !
SYNTHETIC-NERVOSA
Je ferai bien aussi.

*
A savoir que le poème récité est de Baudelaire, La Charogne, extraite des Fleurs du Mal

# Posté le samedi 28 février 2009 07:27

Modifié le vendredi 06 mars 2009 16:59