I n v i n c i b l e s

I n v i n c i b l e s



« Mon amour,


Je profite de ce moment de lucidité pour t'écrire. Nous n'avons maintenant plus beaucoup l'occasion de nous parler mais je sais que tu passes énormément de temps à mes côtés. Sache que même si mon esprit est embué par la morphine, je sens ta présence ; t'entendre parler me fait le plus grand bien. Ta voix m'apaise et me soulage plus que n'importe quel anti-douleur.

Les médecins ne t'ont sûrement pas ménagée et tu sais même peut-être mieux que moi ce qui m'attend. Je sais très bien ce qui est à venir mais je ne connais pas l'échéance. Je suis incapable de dire dans quel état je serais demain. Ce que les médecins me prédisent m'effraie encore plus que ma propre fin. Je me doute que je finirais fou avant même de vous quitter. Imagine à quel point cela me fait peur : Perdre la mémoire, moi, alors que j'ai passé ma vie à dispenser mon savoir. Je ne pourrais pas supporter de ne plus reconnaître ceux que j'aime et de n'être plus pour vous qu'un fantôme qu'on garde en vie tapis dans un lit d'hôpital.

Ce que j'ai à te demander te révoltera sûrement. Je n'ai pas l'ambition de vous faire souffrir et j'ai conscience que ce je vais te demander est égoïste mais crois-moi, j'y ai longuement réfléchi. Et réfléchir, je n'ai bien que ça à faire ici. Je me sais de toutes façons condamné et je n'ai plus la chance d'espérer quoique ce soit de la Vie ou de l'avenir si ce n'est de mourir conscient, lucide et dans la dignité. Tu te doutes sûrement de ce que je vais te demander : M'aider à réaliser ce dernier souhait.

Ce n'est pas un meurtre, je suis déjà mort. Le jour où le médecin m'a déclaré de sa voix grave que tout serait fini dans à peine un an, j'étais déjà parti. L'Espoir fait vivre et le mien s'est éteint à l'instant précis où ma vie a basculé. Cette seconde longue comme une heure où j'ai du renoncé à des ambitions futiles et des projets parce que je savais à présent que je ne vivrais pas assez longtemps pour les vivre. Il n'était plus question de passer une retraite agréable sur une île paradisiaque avec toi ou d'avoir le plaisir de connaître au moins l'un de nos petits enfants. Je n'avais plus la Vie devant moi, j'avais quinze mois. Peut-être plus, sûrement moins. Tu ne penses alors plus qu'à ça, tu dresses des listes de ce que tu pourras encore faire, tu t'angoisses de savoir le nombre de jours où tu pourras encore te réveiller chez toi, sentir l'odeur du café et non pas celle du l'éther.

J'aimerais partir sereinement. Apaiser enfin cette rage qui me dévore en dedans autant que la maladie et qui dure depuis trop longtemps. Je pourrais comprendre que tu m'en veuilles, je n'ai juste plus que l'impression d'être un souvenir que l'on tient vivant et non plus un homme. Sache que peu importe ce que tu feras et ce que tu décideras, j'aurais toujours une pensée pour vous. Si l'Espoir est mortel et que le mien s'est déjà évanoui, les sentiments que j'éprouve pour vous sont invincibles.

Je vous aime,
Mark. »


Anna froissa la feuille entre ses doigts. Des larmes avaient délavé l'encre par endroit et rendu flou certains mots. Elle ravala un sanglot et se leva. Elle embrassa son front, les yeux fermés. Elle le regarda une dernière fois et sortit, la lettre dans une main, une seringue vide dans l'autre.

Elle ferma la porte de la chambre et bascula la tête en arrière, une boule dans la gorge. Seul un murmure parvint à glisser de ses lèvres : « Invincibles. »



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Texte de : Camille, 17ans
Son espace : Once-Upon-A-Word

Mon avis : Impressionnant et vraiment émouvant. D'une sensibilité rare, voilà le genre d'auteur qui me fait verser des larmes. Camille, tu as su écrire un texte en toute simplicité mais l'émotion qu'engendre cette histoire que tu as crée est très fort et moi, cela me déroute. Perdre un être cher de cette façon est difficile mais arriver à imaginer et maitriser les émotions de cette situation, ne pas le compliquer, garder la simplicité des détails, ne pas surfaire le côté dramatique, c'est là, ma chère Camille qui rend ton texte si poignant et presque parfait. Je te félicite et te remercie pour ce magnifique texte.

# Posté le vendredi 27 février 2009 16:42

Modifié le vendredi 06 mars 2009 16:55

P e n s é e P o u r L u i

P e n s é e  P o u r  L u i
Doucement mais sûrement, ta poésie s'est mise à souffler sur moi comme cette légère brise en ce soir de fin d'hiver et elle m'a enlacé comme la plus douce des mélodies.

Qu'il m'était doux de penser que ce vent était un baiser que tu aurais laisser gambader au gré du vent pour ensuite venir se poser dans le creux de mon cou. Je me recroquevillais sous cette tendresse pour mieux savourer ce baiser et alors je levai la tête et me demandai si ton regard en ce soir, était tourné vers le magnifique firmament.

Contemplais-tu à ce même instant ces étoiles, ces âmes grâciées par le destin, qui s'étaient élancées et s'élancent chaque jour vers le vaste ciel pour enfin se poser tout là-haut et nous offrir sans condition la tutelle de nos voyages sur les océans?

Oh qu'il m'était doux de penser à toi, à cette tendre et magnifique âme dans laquelle mes pensées et ma philosophie se reflètent, dans laquelle je me conforte, cette âme dont les flots d'inspiration et d'émotions qu'elle déverse sur sa feuille vierge, me délecte et me conduit sur les berges de la rivière de la folie.

Non, pas une folie destructrice qui me consume. Non, c'est une folie qui me grandit à chaque goutte d'encre que la page blanche absorbe. Oui, tes mots me marquent au fer rouge. Mais ce sont
pour eux que je vis. Ils me transportent dans la rivière en crue qui courent ça et là dans des contrées inconnues qui m'effraient mais me plaisent.

J'aime cette addiction à la frénésie que tu as insufflé en moi par je ne sais quel moyen. J'aime à me laisser aller à tes mots car en eux réside une perdition qui m'amènera à trouver ce à quoi j'aspire depuis que la vie m'a faite chair. Alors inonde-moi de tes mots pour que je puise me perdre. Je te perdrai pas toi. Et tant pis s'il ne reste plus rien après, tu me suffis. . .

A mon amant des lettres,
Oui je t'aime bien mais on s'en fout au final...


Kate

# Posté le vendredi 20 février 2009 23:35

Modifié le vendredi 06 mars 2009 16:53

C h a n s o n D ' a m i

C h a n s o n  D ' a m i
Ce n'est qu'une chanson d'ami,
D'ami pas d'amour.
Ce n'est qu'une chanson d'ami,
Promis mon amour ...
Je ne t'aime pas.
Je t'aime bien ...



Rien ne va plus.









"Chanson d'ami" de Zazie

# Posté le jeudi 01 janvier 2009 17:08

Modifié le vendredi 06 mars 2009 16:59

D é m e s u r é m e n t R a i s o n n a b l e .

D é m e s u r é m e n t  R a i s o n n a b l e .


T'avais-je murmurer "Je t'aime" à l'oreille quand je t'avais serré dans mes bras,
pour te dire adieu ?

T'avais-je dis que tu m'avais manqué quand tu étais revenue vers moi
pour un dernier baiser, pour te rappeler mes lèvres et mon parfum ?

Et si tu revenais encore un autre jour, aurais-je le courage de te crier "Vas-t'en"
ou m'arracherais-je le coeur et te l'offrirai en gage de mon silence ?

Savoir ce que l'on sent en son coeur est une chose,
mais le clamer et l'assumer en est une autre.
Mon coeur, corrompu par la raison aveugle, se broie petit à petit sous des lâchetés récurrentes.
Il en perd même le souvenir des caresses, des tendres baisers et des frissons que tu engendrais sur ma peau.

"Amour, amour ! T'aurais-je conçu raisonnable ?"


Texte de Kate

# Posté le jeudi 19 février 2009 14:29

Modifié le vendredi 06 mars 2009 16:57