I H a d A D r e a m

I  H a d  A  D r e a m
-Maestro Please-
The Beatles & I Am The Walrus

Des images sourdes, pleines, lourdes et inventées,
Forment un film incohérent mais non insensé.
Instants rêvés : fragments de beautés !

Longues, longues, tentaculeuses même,
Les chaînes rouillées du devoir !
Le sommeil nous en absout du soir jusqu'au réveil.
Dans l'autre monde, où même les supplices,
Sont esthétiques,
Personne ne travaille, nous sommes libres.
Les lacs reflètent l'âme,
« Je veux » est devise,
Tout le monde a sa chance.


Lieu des désirs, promesse d'espoir,
Aveux du corps à l'esprit,
Où ce dernier peut enfin voir,
Qu'il n'y a que chair vivant ici.

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Texte de : Paul-Arthur Tortosa, 16 ans
Son espace : Sergent-Hartman


# Posté le jeudi 01 janvier 2009 16:02

Modifié le vendredi 06 mars 2009 15:08

J u m p i n' J a c k F l a s h

J u m p i n'   J a c k   F l a s h
Maestro-Please
The Rolling Stones & Jumping Back Flash

Musique grinçante aux yeux bleus,
Les cannes tâtonnent le pavé froid.
Chapeaux melon, regards vicieux,
Cernés de fard noir et d'humides tracas.

La voiture s'égare dans la nuit,
Les clowns hésitent, rient bêtement,
Se passionnent du sang, jouissent du bruit,
Brisant les tables de la loi, les dix commandements.

Lorsqu'ils te frappent, ils n'entendent pas des cris,
Mais une symphonie,
Lorsqu'ils te frappent, ils n'entendent pas des pleurs,
Mais des violons.

Ces jeunes, on les méprise et les exclu,
Tristes goélands irradiés par une époque de suppliciés.
Ils n'avaient rien demandé.
Leurs victimes non plus.

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Texte de : Paul-Arthur Tortosa, 16 ans
Son espace : Sergent-Hartman


# Posté le jeudi 01 janvier 2009 15:42

Modifié le vendredi 06 mars 2009 15:01

L e T a x i

L e   T a x i

Le vent s'engouffrait dans le cou de la jeune femme. Elle remettait son écharpe en place, mais rien n'y faisait. Encore ce frisson qui l'a traversait sans lui demander son reste. Elle regardait droit devant, essayant d'oublier ses mains nues, gelées. Un homme la bouscula d'un coup d'épaule. Elle se retourna pour murmurer un pardon, vit la silhouette déjà loin, et se demanda bien pourquoi elle avait voulu s'excuser. Toujours cette fâcheuse tendance à tendre une main même si c'est un poing qui se serre face à cette preuve amicale. Elle reprenait son chemin. Elle ne s'était jamais rendue compte à quel point cette rue pouvait être longue, démesurée même. Elle n'en voyait pas le bout. Des immeubles, tous semblables, jonchaient les uns sur les autres, tel un château de cartes qui ne tient que si sa voisine ne tombe, et ainsi de suite. Un trottoir à perte de vue, et des voitures qui se suivent, qui n'avancent pas, qui klaxonnent, qui grognent, qui méprisent, et qui finissent tout de même un jour par disparaitre pour mieux revenir le lendemain.
Il n'était pas si tard et pourtant elle avait l'impression de ne pas avoir fermé l'½il depuis une éternité. L'infini, c'est long, surtout vers la fin. Ses jambes étaient lourdes. Elle trainait son corps sur les pavés. Elle était lasse, et, lorsque rien n'a plus de goût, on finit par prendre la première chose mangeable qui nous passe sous le nez. Là, ce fut un taxi. Un Xsara Picasso, gris, comme on en voit partout. La voiture était garée sur un coin de la chaussée, dévorant un bout du trottoir. Le chauffeur avait la vitre baissée, surement à la recherche d'un quelconque air frais dans cette pollution. Arrivée à sa hauteur, la jeune femme toqua deux petits coups sur le capot du taxi. L'homme, à l'intérieur, sursauta. Il était en train de lire son journal, et ne l'avait pas vu arriver. Elle fit passer son nez et sa bouche dans la voiture, par la vitre ouverte. Le chauffeur recula d'une fesse, sur le siège voisin, et murmura un timide : « Attendez un instant ». Il plia son journal pour le poser dans sa boîte à gant et sortit de la voiture.
Il n'était pas très grand, pas si petit non plus. Quelques cheveux blancs se battaient sur le haut de son crâne. Une longue moustache, jaunie par les nombreuses cigarettes qui avaient du passer par là, cachait de fines lèvres d'un rouge vif. Il portait des lunettes parfaitement rondes sur le bout de son nez. Toute son allure donnait confiance. On aurait dit un vieux professeur qui persisterait à enseigner par amour des regards avides de savoir posés sur lui.

Il tendit une main ferme et amicale vers la jeune femme qui lui souriait gauchement. Elle la serra et il prononça enfin les premiers mots.

- Qu'est ce que je peux bien faire pour vous, ma petite dame ?
- Si vous pouviez m'emmener quelque part, dit-elle, pas très sûre d'elle.
- C'est que, normalement, j'ai fini ma journée. Mais si vous y tenez vraiment..
- Non, non, je ne vais pas vous déranger..Désolée, ajouta-t-elle, confuse.
- Bon c'est ma journée de bonté, et puis vous n'allez pas rester ainsi dans le froid ! Vous allez prendre racine ! Par cet hiver..
- Je ne peux pas.. Je crois que je n'ai même pas de quoi vous payer..
- C'est mon jour de bonté, répéta-t-il, vous avez le droit à un tour de manège gratuit !

Il se mit à rire tout doucement. Elle rougissait.

- Vous êtes sûr ? Je..
- Tss, tss, tss, entrez vous réchauffer, j'ai fermé la vitre.

Il l'a pris par l'épaule et l'entraina à l'arrière de la voiture. Gênée, elle n'osait rien dire.

Quelques instants plus tard, ceintures en place, phares allumés devant la nuit naissante, le taxi entra dans le fourmillement des roues et klaxonnes. La jeune femme pressait sa ceinture entre ces doigts fins. Elle fixait ses pieds comme si elle n'avait pas le droit de regarder ailleurs. Le chauffeur sifflotait puis arrêta un instant le mouvement de ses lèvres.

- Ça ne vous dirait pas un peu de musique ? Il est triste ce silence ! dit-il, enjoué.
- Si vous voulez, répondit-elle, les yeux toujours pointés sur ses chaussures.
- Qu'écoutez-vous habituellement ? J'ai de tout, ici, vous savez !
- Je ne suis pas très musique, en fait..
- Mais c'est pas vrai ! C'est le festival de Cannes aujourd'hui ! C'est quoi ce monde fou ! Jamais vu ça ! S'écria-t-il, face à la marrée de voitures empilées devant lui.

Elle sursauta. Il le vit en jetant un ½il dans le rétroviseur.

- Je vous ai fait peur ? reprit-il d'une voix douce
- Je..Non..Un peu.. Bafouilla-t-elle
- Excusez-moi, quand je conduis le soir, je m'emporte un peu. Donc vous n'êtes pas très musique. Vous êtes plutôt quoi ? continua-t-il en lui accordant un sourire encourageant, dans le miroir.
- Je n'ai jamais été douée pour parler comme ça, surtout lorsqu'il s'agit de parler de moi..Vous voulez vraiment ?
- On est entre nous ! Essayez, je suis sûr que vous allez vous en sortir.
- D'accord mais dès que j'ai fini, vous ne faites aucun commentaire sur ce que je viendrais de dire et..Vous enchainez tout de suite en me racontant ce que vous voulez.
-Marché conclu !

Elle prit une bouffée d'air puis se lança, sans trop réfléchir :

- J'ai toujours aimé les enfants. C'est un peu.. Même un peu plus qu'une passion. J'aime voir ces petites joues bien rondes, avec ce sourire et ces dents imparfaites qui n'ont pas encore rencontré de dentistes. Les petits ont plein de tics et de manières gauches qui les rendent si mignons. Si.. Enfin, j'ai toujours rêvé d'avoir un de ces bouts de choux à moi. Un petit être qui serait en quelques sortes mon soleil, celui qui me réchauffe le corps mais aussi l'esprit. Mais, voyez vous, tout ne va pas toujours comme on le voudrait. Je n'ai pas encore trouvé l'homme de ma vie et.. Enfin, qui vivra verra. J'espère encore, puisque cela me fait vivre. Alors, pour combler cette attente, j'ai commencé des études pour devenir professeur des écoles. Mais je patauge. J'ai toujours eu du mal à me concentrer. Je suis peut être un peu folle de vouloir enseigner aux autres ce que moi-même je ne sais pas faire. Je mets mes propres volontés avant celles des autres. Je suis perdue.. D'ailleurs, si j'ai demandé à être dans ce taxi, c'est que je ne dois pas être seulement perdue dans ma tête. C'est étrange, vous ne m'avez pas demandé où je souhaitais aller. Vous roulez sans connaitre ma destination, notre destination. Mais, de toutes manières, je ne sais pas ce que je vous aurais répondu si vous aviez commencé par cette question. J'aurais surement bégayé puis vous seriez partit et je n'en serais pas là à faire des hypothèses aussi saugrenues..

Il y eu un silence. Il le prit pour un des signaux du marché.

- Je ne vais pas vous parler du temps, celui qui passe devant nous sans nous saluer ou encore celui qui trône sur notre tête. Non, je trouve que ça n'aurait pas de sens. On parle d'ailleurs trop du temps, de l'apparence de nos vies. Il faut creuser plus profond. Je sais que j'ai l'esprit contradictoire mais je vais tout de même vous raconter ce qui m'est arrivé ce matin. J'ai eu une vieille dame au téléphone. Elle voulait que je vienne la chercher devant chez elle.. C'est au carrefour de la rue maréchal Foch, vous voyez ? Je m'y suis rendu et.. Quand elle m'a vu, elle a eu un geste de recul que j'ai tout d'abord pris pour un déséquilibre. Je me suis avancé vers elle pour l'aider à se redresser et elle m'a repoussé d'un air dédaigneux. Son regard hautain m'a figé sur place. Elle m'a dit qu'elle ne voulait pas de moi comme chauffeur, qu'elle en a assez de voir des hommes rabougris qui ne ressemblent à rien et qui ont toute une vie derrière eux. J'allais lui répliquer sur le même ton puis je me suis rappelé que le client est roi. Et, de toute manière, il ne faut pas répondre à la bêtise par une aussi belle énormité. Ne pas se rabaisser à celui qui blesse. Je lui ai donc dit que je n'avais plus qu'à la laisser là. Je suis parti et je me suis senti vidé. Vidé par ses yeux qui, en un éclair, avait réussi à rendre à néant ma joie de vivre. C'est vrai, je suis vieux, c'est vrai, je gâche le paysage, c'est vrai, je n'ai plus rien à faire ici. Mon bon temps est derrière moi. Mais, en même temps, je ne peux pas m'empêcher de sourire. Vous savez, quand je vous ai vu, vous ne disiez rien, et pourtant vous avez réussi à planter plus de deux mots les uns après les autres. Je pense qu'à plusieurs, tout est possible. Et si je n'ai plus beaucoup de forces en moi, je peux toujours servir de pierre pour construire une bâtisse.

Il se retourna vers son interlocutrice et ne la lâcha pas des yeux.

- Re..Regardez la route..murmura-t-elle, troublée
- J'ai garé la voiture il y a deux, trois minutes. Vous m'écoutiez tellement que..
- C'n'est pas vrai, vous n'êtes pas rabougris.
- Je crains que si..
- Peut être, mais ça n'a aucune importance ! Moi qui croyais que les rides étaient une marque de sagesse..dit-elle, scandalisée
- Il faut de tout pour faire un monde.. Ça vous dirait qu'on sorte de cette voiture ? Vous n'allez nulle part, il y a un embouteillage pas possible et, si vous le voulez bien, on pourrait aller boire un café, pour se réchauffer et discuter plus tranquillement.
- Pour moi ce sera plutôt chocolat chaud, mais avec plaisir ! En plus je dois avoir de quoi payer ça..

Le vieil homme sortit en premier et ouvrit la porte de la jeune femme en mimant une petite courbette qui eu pour effet de les faire rire tout les deux. Elle claqua des dents. Il les dirigea vers un petit café, « Le chat qui pêche ».

Assis face à face, sur des chaises en bois, ils se coupaient la parole, toujours prêts à ajouter un mot, un sourire, une étoile dans l'½il de l'autre. Ils racontaient la vie sous toutes ses formes. Ils jonglaient avec les lettres et si une chutait malencontreusement, ils la ramassaient ensemble d'une joie qui montre bien que l'on ne peut se relever sans tomber. Et l'heure tournait. Et le vent soufflait encore, dehors.

- Il y a quelque chose que je n'ai jamais compris, dit-elle songeuse
- Oui ?
- Pourquoi l'homme a-t-il peur de l'inconnu, alors qu'il ne l'a encore jamais rencontré..

Le serveur qui prenait les tasses vides sur leur table, se pinça les lèvres pour ne pas dévisager l'auteur de ses mots. A l'extérieur du bâtiment, la vieille femme qui avait rencontré Marcel, le chauffeur de taxi, le matin même, passait justement devant « le chat qui pêche », en maugréant après un chien qui trainait par là.
La terre tournait et les gens continuaient de tourner avec elle.


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Texte de : A2mimo, 15 ans
Son espace : A2mimo ou Mordue de Mo

Mon avis : Un texte simple mais je suis conquise par ta plume..et c'est ton deuxième texte ici chez moi en plus! Le Taxi est une histoire absolument magnifique, fictif mais tellement réelle... pourquoi ne trouverions-nous pas des gens comme cela dans la vraie vie? tout dans ce texte me donne envie de crier "STOP" au monde que nous puissions souffler un peu. nous resaisir, que nous puissions avoir le temps de réaliser nos rêves ou de les confectionner tout court. Des gens simples...un bon chocolat..Y'a de la joie ici bas!



# Posté le mardi 23 décembre 2008 01:55

Modifié le vendredi 06 mars 2009 15:06

A m o u r

A m o u r

Les jambes tremblantes, je m'avancerai pas à pas avec un manque de confiance en moi que tu remarqueras probablement. Trop de pensées envahiront mon esprit si bien que je préfèrerai contempler mes pieds plutôt que ta silhouette impeccablement dessinée. Quand je serais à moins d'un mètre de toi je relèverai la tête. Mes yeux plongeront dans les tiens quitte à s'y noyer. Presque immédiatement tu devineras la peur enfouie au fond de moi quand je suis à tes côtés. Enfin sans que je n'aie nullement besoin d'ouvrir la bouche, tu comprendras... Tu comprendras que l'Amour se vit bien mieux par le regard que par les mots. Tu t'apprêteras à parler. Je te stopperai à l'aide d'un doigt apposé sur tes lèvres. Tais toi, ne brise pas le silence qui nous entoure, ne mets pas fin à ce moment magique. Je caresserai ta joue de ma main hésitante, ayant peur d'être trop brusque. Tu souriras, fière de l'attention que je te porte, et ce sourire sera le plus beaux des cadeaux que tu pourras me faire. Tu poseras tes mains sur mes hanches et lentement, très lentement tu approcheras tes lèvres des miennes jusqu'à ce qu'elles finissent par se rencontrer. Ce jour-là, je goûterais enfin au miel sucré de tes lèvres. Des flèches tirées par Cupidon lui-même nous atteindront en plein c½ur. Ce jour là, je saurais. Je saurais que l'Amour n'est un pas seulement un mot utilisé pour faire rêver les petites filles mais qu'il existe réellement. Et tout se passera sans que nous n'ayons eu besoin de prononcer le moindre mot, hormis un "je t'aime" de ta part murmuré à mon oreille avant de nous quitter...

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Texte de : HeylaiiN, 15ans
Son espace : x3-h3ll-haiine

Mon avis : Ah... que j'aime... moi qui suis seule en ce moment, je réviserai bien mon statut. Je te remercie pour ton texte, Heylain..c'est un très beau texte où tu y exposes une certaine sensibilité assez touchante et qui ravie les sens.. Continue!

# Posté le lundi 22 décembre 2008 13:57

Modifié le vendredi 06 mars 2009 14:49